Accueil Aéronautique-spatial Astrobotic réussit ses tests des trois charges utiles de la Nasa pour la détection d’eau sur la Lune

Astrobotic réussit ses tests des trois charges utiles de la Nasa pour la détection d’eau sur la Lune

Trois des charges utiles de la Nasa prévues pour 2021 à bord de l'alunisseur Peregrine d'Astrobotic ont passé avec succès les tests préliminaires. Ces tests concernent la simulation d'interface entre Astrobotic, le Centre de recherche Ames de la Nasa et les équipes de charge utile du Kennedy Space Center.
Lecture : 6 minutes
Alunisseur Peregrine © NASA/Ames Research Center/Dominic Hart

Pour Astrobotic, les tests portant sur des trois charges utiles est un succès. Le test comprenait la vérification des logiciels en vol et au sol. Ces logiciels permettront de contrôler les charges utiles depuis les centres de la Nasa via le siège d’Astrobotic à Pittsburgh.

Conçues pour voler à bord du Viper (Volatiles Investigating Polar Rover) de la Nasa en 2023, les trois charges utiles s’intègreront d’abord directement à l’atterrisseur Peregrine d’Astrobotic pour la première mission Peregrine cette année. L’achèvement récent des tests de simulation d’interface à l’aide du simulateur mobile d’interface de charge utile (PIMS) d’Astrobotic a permis de vérifier que ces charges utiles fonctionneront correctement une fois intégrées.

Les trois charges utiles de détection de l’eau de la Nasa en détail

La première charge utile, le spectromètre de masse observant les opérations lunaires (MSolo) permettra d’identifier des molécules dans l’exosphère de la Lune, y compris éventuellement de l’eau. Il mesurera les gaz provenant de l’atterrisseur lors de l’atterrissage afin d’identifier ce que l’atterrisseur a apporté à la surface lunaire. Il surveillera en outre les changements au fur et à mesure de la progression de la mission. Astrobotic et l’équipe du MSolo ont testé avec succès une unité d’ingénierie comprenant une pompe à vide pour simuler le vide de l’espace.

Assemblage de MSolo, spectromètre de masse observant les opérations lunaires
© NASA / Ames Research Center / Dominic Hart

Le second est le système de spectromètre neutronique (NSS). Conçu pour détecter la quantité d’hydrogène sous la surface de la Lune et à proximité de l’atterrisseur Peregrine, le NSS mesure le nombre et l’énergie des neutrons présents sous forme de rayonnement sur la Lune. Ceux-ci qui peuvent être utilisés pour déduire la quantité d’hydrogène présente dans l’environnement ; une détection possible car lorsque les neutrons frappent un atome d’hydrogène, ils perdent beaucoup d’énergie – un changement que la NSS peut détecter. La NSS peut mesurer le volume total d’hydrogène jusqu’à trois pieds sous la surface. Par rapport aux mesures similaires effectuées par les détecteurs de neutrons en orbite, les mesures effectuées sur la surface lunaire peuvent donner une image plus détaillée et plus précise de la présence d’hydrogène sur la surface lunaire.

Enfin, la troisième charge utile, le spectromètre volatile NIRVSS, se compose de trois instruments scientifiques : le spectromètre dans le proche infrarouge, le module d’imagerie Ames et le capteur d’étalonnage à ondes longues. Le spectromètre proche infrarouge capture les spectres réfléchis de la surface lunaire lorsqu’il est éclairé par une lumière de différentes longueurs d’onde. Ces informations aident à déterminer les propriétés des matériaux de la surface lunaire et identifier si de l’eau ou d’autres matériaux sont présents dans une image. Le module d’imagerie Ames est une caméra qui capture des images pour contextualiser les données du spectromètre. Le système de calibrage des ondes longues mesure précisément la température de la surface lunaire pour calibrer les données du spectromètre.

Intégration en 2021 des trois utiles de la Nasa sur l’alunisseur Peregrine d’Astrobotic

La réussite des tests PIMS est l’une des dernières étapes avant que ces charges utiles ne soient livrées à Astrobotic pour être intégrées à l’atterrisseur Peregrine. L’intégration aura lieu début 2021 au siège d’Astrobotic à Pittsburgh. Une fois intégré, l’engin spatial complet effectuera une série de tests et sera ensuite lancé à bord de la fusée Vulcan Centaur de l’United Launch Alliance.

Élaboration des tests PIMS-NIRVSS – ©NASA / Ames Research Center / Dominic Hart

Peregrine se posera sur la Lune et fournira l’énergie et les données aux charges utiles. Objectif ? Permettre à leurs équipes d’effectuer leurs expériences dans l’environnement lunaire et de recueillir des données inestimables. Astrobotic livre des charges utiles de la Nasa sur la Lune dans le cadre du projet Commercial Lunar Payload Services de l’agence en vue de faire progresser la science, l’exploration ou le développement commercial de la Lune.

Le voyage de ces charges utiles de détection d’eau ne s’arrête pas là. Fin 2023, l’atterrisseur Griffin d’Astrobotic se posera au pôle sud de la Lune en transportant ces mêmes technologies – mais cette fois-ci avec des roues. Le rover Viper de la Nasa de la taille d’une voiturette de golf, descendra les rampes de l’atterrisseur sur la surface lunaire et commencera sa mission en transportant une série de charges utiles similaires.

Lire la suite
Olivier Guillon – MRJ PRESSE
Rédacteur en chef du magazine Essais & Simulations, Olivier Guillon travaille depuis plus de quinze en tant que journaliste dans le domaine de la presse spécialisée et industrielle.
Sur le même sujet

Utac Ceram Millbrook prêt pour le nouveau Label européen pneumatique « Ice Grip »

Le symbole 3PMSF indique qu’un pneu convient à la fois à l’Europe centrale et aux pays nordiques, mais en réalité les exigences techniques de ces deux marchés sont très différentes. Les conditions hivernales nordiques sont généralement beaucoup plus difficiles que celles d’Europe centrale,avec plus de neige et de glace sur les routes. Le nouveau symbole […]

Greenmot livre un robot de conduite à l’Université Polytechnique Hauts de France pour des essais ADAS

La société lyonnaise Greenmot a livré un de ses robots de conduite G-Robot au laboratoire Lamih (UMR CNRS 8201) de l’Université Polytechnique Hauts-de-France. Cet équipement vient compléter les plateformes dynamométrique et énergétique de l’établissement, portant à plus d’un million d’euros l’ensemble des équipements relatifs à cette thématique. Déjà reconnu pour son expertise concernant les tests […]

Comment l’Isae-Supaéro travaille sur les matériaux composites de la future aile volante à hydrogène

Face au besoin de verdir le secteur de l’aéronautique, l’Isae-Supaéro travaille depuis 2020 sur un projet de recherche pour déterminer les matériaux composites les plus adaptés à la future aile volante à hydrogène. Il faut dire que depuis quelque temps, l’aérien fait de la transition énergétique l’un de ses défis majeurs pour les dix prochaines […]