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Le LNE et ses partenaires développent une nouvelle jauge normalisée pour les très basses pressions

Dans le cadre du projet européen IonGauge, le LNE a participé au développement d’un nouveau prototype de jauge à ionisation permettant des mesures de très faibles pressions à une précision inégalée. Ces travaux font l’objet d’une publication dans la revue de référence Vacuum.
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Jauge à ionisation conçue dans le cadre du projet européen IonGauge ©LNE - Stroppa

Pour mesurer de très basses pressions (ultravide), notamment dans la recherche en physique fondamentale, en métrologie ou dans l’industrie des semi-conducteurs, on utilise des jauges à ionisation. Cette ionisation résulte de la collision du faisceau d’électron émis par la cathode de la jauge puis accéléré, avec les molécules du gaz mesuré. Le courant d’ions collecté est proportionnel à la densité volumique du gaz donc à sa pression.

Cependant, la maîtrise de la sensibilité de ces instruments, essentiellement liée au rapport entre la pression du gaz et le courant collecté, est actuellement peu satisfaisante. La sensibilité dépend de la géométrie de la jauge utilisée, de la pression à mesurer et du gaz considéré, et manque en outre de stabilité dans le temps.

Pour remédier à ce problème, le projet européen IonGauge, réunissant le LNE, plusieurs laboratoires européens de métrologie et des partenaires industriels, visait à développer un nouveau modèle de jauge à ionisation, normalisé, doté de caractéristiques métrologiques améliorées, pouvant servir d’étalon de référence fiable.

Une conception inédite

Par rapport aux jauges à ionisation existantes, ce nouveau modèle présente l’avantage d’une longueur du trajet électronique bien définie. En particulier, les électrons ne heurtent pas l’anode d’où ils peuvent être réfléchis, générer des électrons secondaires ou provoquer la désorption de neutrons ou d’ions. Autre avantage de cette conception validée par simulations numériques : la fabrication de la jauge par différents constructeurs donnerait des exemplaires dotés non seulement d’une sensibilité prédictible (et donc reproductible) pour un grand nombre de gaz, mais également d’une bonne stabilité sur le long terme. Ce type de jauge serait alors particulièrement adapté comme étalon de référence dans la gamme de 10-6 Pa à 10-2 Pa pour l’étalonnage de manomètres à vide ou de spectromètres de masse quadripolaires.

Le LNE a notamment participé à la caractérisation de plusieurs prototypes de jauges à ionisation réalisés selon ces nouvelles prescriptions, de même qu’à une comparaison entre trois laboratoires nationaux de métrologie. Résultat : une sensibilité maitrisée à 1 % pour un exemplaire donné et une reproductibilité entre exemplaires de l’ordre de 2,5%, légèrement au-delà des espérances. De quoi assurer à terme une précision inégalée des mesures de pression dans la gamme comprise entre 10-6 Pa et 10-2 Pa.

Facilement reproduite par tout constructeur expérimenté, cette nouvelle jauge à ionisation offrira une plus grande précision des mesures aux utilisateurs exigeants du domaine des très basses pressions.

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Olivier Guillon – MRJ PRESSE
Rédacteur en chef du magazine Essais & Simulations, Olivier Guillon travaille depuis plus de quinze en tant que journaliste dans le domaine de la presse spécialisée et industrielle.
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